OMG ! Les avions tombent du ciel parce que les pilotes ne parlent pas anglais !

Selon le Harvard Business Review, des milliers de personnes sont mortes dans des accidents d’avion à cause de pilotes qui ne parlaient pas anglais :

« In the aviation industry, miscommunication can be fatal. More than 1,000 deaths in plane crashes have been due to communication failures, often between crews that speak English and crews that don’t. » Rating the English Proficiency of Countries and Industries Around the World

Sauf que la source du HBR parle d’accidents qui remontent à 1977, sois 11 ans avant que Organisation de l’Aviation Civile Internationale n’adopte l’anglais comme langue de travail de l’aviation commerciale internationale en 1998.

En fait, selon la chercheuse citée dans l’article en question, les problèmes de communications dans l’aviation sont plus souvent qu’autrement causés par des pilotes anglophones qui insistent pour utiliser l’anglais vernaculaire plutôt que le vocabulaire très précis de l’anglais pour l’aviation.

« Whose responsibility is it to ensure that communication is successful? Can native speakers simply speak the way they do at home and expect to be understood? Or do they also have the responsibility to make themselves understood and to learn how to understand pilots or ATC who are not native English speakers? » Clear skies ahead: how improving the language of aviation could save lives

De toute façon, le dernier rapport de l’OACI sur la sécurité aérienne ne signale aucun incident où la langue aurait été un facteur.

L’Anglais Global, Trump et le Brexit

Réflexion intéressante sur les liens entre l’anglais global et l’émergence des populismes :

“Global policy-makers have been busy talking to each other in global English, without really talking to the people under global governance. They have effectively only been speaking to one part of the nation – those who speak global English. And insofar as they speak to the other part of the nation, it has been through these global English-speaking intermediaries. ” Andropov’s ghost: language and society under global governance – Ballots & Bullets | School of Politics & International Relations, University of Nottingham

Brexit et Trump

À priori, il n’y a rien là qui explique Trump et le Brexit. Comment est-ce que le triomphe de l’anglais global pourrait expliquer la xénophobie et le protectionnisme dans les pays anglo-saxons ?

Peut-être parce que, contre-intuitivement, les Anglos sont les plus grandes victimes de l’anglais.

Comme on peut le voir à Calais, l’anglais attire irrésistiblement les migrants vers l’Angleterre plutôt que vers les autres pays d’Europe.

“With more flexible labour regulation, and employers generally less parochial than on the continent – as well as the huge appeal of being an offshore global English gateway – Britain was ideally placed to attract the brightest and the best of the continent into its booming commercial, financial, media, high tech, educational and creative sectors.” EUROPP – The UK has been one of the main beneficiaries from free movement of labour in the EU

Aux USA, les travailleurs industriels sans emploi craignent les migrants mexicains, mais dans les faits ce sont surtout les diplômés ultra-qualifiés et anglicisées qui arrivent des universités du monde entier qui sont en train de leur ravir les emplois de qualité.

C’est démontré que dans un contexte interculturel, les Anglos sont ceux qui ont le plus de difficulté à comprendre et être compris. Donald Trump a gagné son élection en parlant à ses électeurs avec un vocabulaire de préadolescent, très différent de l’anglais global technocratique des élites cosmopolites desquels l’Américain moyen se sent aussi aliéné que n’importe quel paisano mexicain.

“The Two Nations divide has become a global phenomenon, where globalisation and global governance since the end of the Cold War have fostered cosmopolitan elites, less embedded in their national societies.” Andropov’s ghost: language and society under global governance – Ballots & Bullets | School of Politics & International Relations, University of Nottingham

Est-ce que les chauffeurs d’Uber à Montréal devront savoir parler français ?

Les chauffeurs de taxi de Montréal et du Québec doivent savoir parler français. C’est la loi. C’est en grande partie ce qui explique la surreprésentation des Haïtiens et des Maghrébins dans l’industrie : les autres immigrants n’ont pas les compétences linguistiques.

Mais est-ce qu’il faut savoir parler français pour conduire avec Uber ?

Il semble que non.

Depuis l’entrée en vigueur du projet-pilote qui légalise — temporairement — les opérations de l’entreprise au Québec, les chauffeurs d’Uber doivent se procurer toute une série de documents supplémentaire, incluant des numéros de TPS et de TVQ et un permis de conduire de classe 4c.

Contrairement aux chauffeurs de taxi, les chauffeurs d’Uber n’ont pas besoin d’obtenir un permis de chauffeur de taxi, un document différent du permis de conduire 4c.

La classe 4c est une classe de permis de conduire qui autorise les automobilistes à conduire un taxi sur la voie publique, mais ce n’est pas suffisant pour faire du transport rémunéré. Pour exercer le métier les chauffeurs doivent aussi obtenir un permis de chauffeur — un pocket number : la petite carte avec une photo et un numéro accrochée derrière le siège du chauffeur — émis par le Bureau du Taxi et du Remorquage de la Ville de Montréal, ou par la SAAQ ailleurs au Québec.

Les règles d’obtention du pocket à Montréal sont claires : le chauffeur doit pouvoir “comprendre, parler et lire le français et l’anglais de manière suffisante pour l’exercice de son travail (…)”

Ailleurs au Québec, seule la connaissance du français est exigée.

Uber demande à ses chauffeurs de fournir, en plus du permis de conduire avec la classe 4c, une preuve d’immatriculation, leur dossier de conduite à la SAAQ, une preuve vérification de leurs antécédents criminels, une preuve d’assurance et des numéros de TPS et de TVQ, mais contrairement aux chauffeurs de taxi, les chauffeurs d’Uber ne sont soumis à aucune exigence linguistique.

New York et Londres

Depuis le 14 octobre, la ville de Londres oblige les chauffeurs d’Uber à passer un test d’anglais. La même semaine, la ville de New York a éliminé le test d’anglais que les chauffeurs de taxi devaient passer avant de pouvoir exercer leur métier.

UberEnglish

En 2015, Uber a lancé le service UberEnglish qui permet à ses clients d’exiger un chauffeur qui parle anglais dans plusieurs villes asiatiques et sud-américaines.

Une députée sud-africaine refuse de parler anglais au Parlement

constitutionalcourtofsouthafrica-entrance-20070622Makoti Sibongile Khawula, députée à l’Assemblée nationale sud-africaine, a informé ses collègues quelques jours avant Noël 2015 qu’elle allait cesser d’utiliser l’anglais au Parlement.

La députée a expliqué qu’elle allait désormais utiliser le xhosa ou le zoulou, les langues de la majorité des citoyens de sa circonscription de la province du KwaZulu-Natal, pour que ceux-ci puissent comprendre le travail qu’elle fait en leur nom.

Le Parlement d’Afrique du Sud a deux langues officielles de travail: l’anglais et l’afrikaans. Les députés ont le droit de s’y exprimer dans les 11 langues officielles du pays, mais les services de traductions simultanées du Parlement ne sont disponibles que dans les deux langues de travail.

Un système de traduction compréhensif de chaque langue officielle vers chaque langue officielle représenterait 121 combinaisons différentes et a été jugé trop dispendieux par les députés.

Paradoxalement, les Economic Freedom Fighters, le parti de madame Khawula, ont publiquement appuyé les étudiants de l’Université de Stellenbosch qui exigent l’imposition de l’anglais comme principale langue d’enseignement et d’administration à l’institution historiquement afrikans.

Une loi pour sauver l’arabe au Qatar

Le Qatar s’apprête a adopter une loi pour s’obliger lui-même a gérer ses propres affaires en arabe plutôt qu’en anglais.

Le petit du Golfe persique (qui selon la règle de l’ordre alphabétique en anglais, sera le voisin du Québec aux Nations Unies quand celui-ci y aura son siège) propose d’adopter une loi pour obliger les ministères, les institutions officielles et les écoles publiques à faire leurs affaires en arabe.

L’arabe est déjà la langue officielle du Qatar, mais dans ce pays ultra-dépendant sur la main-d’oeuvre étrangère, les Qataris ne représentent plus que 20 % des habitants, et l’anglais y est une langue d’usage courante.

Depuis 2012, le Qatar a aussi un règlement qui impose l’arabe comme principale langue de l’affichage commercial.