Les Indiens qui vont à l’école en anglais ne le parlent pas nécessairement mieux que les autres


stats éducation Inde

Les plus récents résultats du test d’anglais du National Council for Educational Research and Training indien démontrent que les étudiants des états où il y a beaucoup d’écoles anglophones ne sont pas meilleurs que ceux des états où il y en a peu.

Le nombre d’enfants qui étudient en anglais a doublé depuis 5 ans en Inde. L’anglais est désormais la deuxième langue d’enseignement après l’Hindi.

Stats 2010-2011 :

Language Enrollment National Rank
Hindi 66 231 904 1
English 13 618 280 2
Bengali 10 462 343 3
Marathi 7 918 420 4
Guajarati 5 159 916 5
Telugu 4 771 981 6

source

La demande pour l’enseignement en anglais est tellement importante que plusieurs états ont entrepris de changer la langue d’enseignement dans les écoles du gouvernement de façon parfois précipitée. En octobre 2016, par exemple, les écoles municipales de l’Andrah Pradesh sont passées à l’anglais en plein millieu de l’année scolaire!

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Cameroun : L’année scolaire des Anglophones pourrait être sacrifiée

La crise qui oppose le Cameroun anglophone au gouvernement central dominé par l’élite francophone n’est pas terminée.

Dans un communiqué daté du 2 décembre diffusé sur plusieurs médias anglophones, les enseignants du All Anglophone Teacher’s Union jugent que les propositions du premier ministre Philémon Yang, sois la création d’un comité ad hoc et le recrutement de 1000 professeurs de science bilingues, sont des promesses trop vagues pour justifier la fin de la grève qui dure depuis le 22 novembre.

« The recruitment of « young bilingual Cameroonians » raises a polemic which could give birth to more problems of eclusion of anglophones in the near future, because no such thing exist as bilingual teachers of science and technology subjects in Cameroon. » All Anglophone Teachers’ Union Snub Gov’t, Continues With Strike | Bamenda Online

Les enseignants anglophones demandent aussi la libération de tous les étudiants arrêtés pendant l’opération policière à l’université de Buea le 28 novembre.

Le 29 novembre dernier, les principaux syndicats anglophones en grève avaient demandé aux parents de se préparer à sacrifier l’année scolaire :

« Equally, parents are commended for keeping their children safe at home and off the streets. They should understand that the stakes are high and even if it means sacrificing a whole academic year by keeping their children out of school, it is for their own supreme interest. They should prepare themselves for this eventuality.  » We Are Ready To Sacrifice The Entire School Year- Anglophone Teachers Declare – BaretaNews

Les enseignants des deux régions anglophones du Cameroun sont en grève depuis le 22 novembre 2016. Les enseignants avaient rejoint un mouvement de grève lancé par les avocats anglophones le 8 novembre.

Le 28 novembre, les policiers ont mené une opération violente à l’Université anglophone de Buea qui a mené à l’arrestation de 150 étudiants. Une semaine plus tôt, au moins une personne est morte pendant une manifestation à Bamenda, une ville anglophone du nord-ouest du pays.

What does English Cameroun want?

Les Anglophones du Cameroun accusent le gouvernement central dominé par l’élite francophone de les marginaliser. Le français et l’anglais ont officiellement un statut légal égal au Cameroun, mais les anglophones accusent le gouvernement de ne communiquer avec eux qu’à travers de mauvaises traductions, de ne pas respecter la tradition du common law qui devrait normalement être en vigueur dans les cours des provinces anglophones et de vouloir franciser leurs écoles.

Les deux provinces anglophones du Cameroun sont un fief du Social Democratic Front, le principal parti d’opposition. Elles sont aussi le foyer de mouvements fédéralistes qui souhaitent une plus grande autonomie pour le Cameroun anglophone et d’un mouvement indépendantiste.

English Cameroun

Environ 20% des Camerounais vivent dans l’une des deux régions dites anglophones du Cameroun. Le français et l’anglais sont les langues officielles de la république, mais dans les faits les Camerounais parlent plus de 280 langues différentes. Dans la rue, la langue commune la plus utilisée est le Pidgin English, un créole à base d’anglais qui serait utilisé dans la région depuis le 15e siècle 1.


  1. The status of pidgins and creoles. Alobwede d’Epie, Charles. in Jenkins, J. (2003). World Englishes: A resource book for students. Psychology Press. ↩︎

Le fondateur d’une école canadienne en Arabie Saoudite invite les Marocains à passer à l’anglais


Selon Tariq al-Suwaidan, un prédicateur/motivateur koweïtien qui a fondé plusieurs écoles privées anglophones au Moyen-Orient, il est temps pour le Maroc de couper les liens avec la France et de passer à l’anglais, rapporte le Morocco World News.

« [I think], according to your history and the dominance of the francophone [culture], which you have to get rid of it – you are still attached to French [language]. We need to break this barrier, because it is useless. [Please] pay to attention to this and learn English. » Muslim Scholar: French Language  “Useless and a Waste of Time”

En 2008, al-Suwaidan a fondé la Advanced Generations School de Jeddah, une école « gérée par des Canadiens » qui offrait le « programme éducatif de l’Alberta » sous la « supervision directe du Ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique » tout en mettant « l’accent sur l’arabe et l’application de l’Islam. »

Depuis 2013, l’AGS a remplacé le programme canadien par une accréditation de Cambridge International Examinations.

La même année la Belgique a interdit l’accès à son territoire à al-Suwaidan pour cause de propos antisémites. Al-Suwaidan a aussi été associé aux Frères musulmans et au Hamas.

« French language is useless and a waste of time, » aurait affirmé al-Suwaidan devant un auditoire du « bras activiste » du Parti de la Justice et du Développement, le parti islamiste au pouvoir au Maroc, toujours selon MWN

Le 26 octobre dernier, le ministre de l’Éducation de la Tunisie, Neji Jalloul, avait annoncé le remplacement du français par l’anglais dans les écoles de la nouvelle république.

Un peu plus d’une semaine plus tard, l’ambassadeur de France annonçait le lancement d’un nouveau centre culturel et d’une fondation franco-tunisienne pour l’éducation et affirmait que le ministre Jalloul l’avait assuré que le français ne serait finalement pas remplacé par l’anglais.

Humilier les Thaïlandais pour vendre de l’anglais

L’internet thaïlandais est vexé ce matin à cause d’une vidéo qui ridiculise son anglais.

Dans la vidéo , le youtubeur MyMateNate approche des jeunes étudiants thaïs à la sortie d’une école et leur pose des questions absurdes en anglais. Il demande à des garçons s’ils ont des menstruations –period, en anglais- et insulte des jeunes filles sur le ton d’un compliment.

Les jeunes Thaïs confus répondent des « yes » et « thank you » polis.

Nate Bartling est un jeune ex-missionnaire mormon de 19 ans. Il vit en Thaïlande et l’essentiel de sa présence sur les réseaux sociaux est en thaï, une langue qu’il semble parler parfaitement. Sa chaîne YouTube a 1,4 million d’abonnés.

« Everyone LOVES to hear what other people think about themselves, so when I start rattling off in fluent Thai, the locals just got crazy…  » Meet The American Missionary Turned Thai Prankster | The Huffington Post

Vraisemblablement, les gens ne veulent pas savoir tout ce que vous pensez d’eux…

Les Thaïlandais reprochent à Nate d’avoir dénigré leurs compétences linguistiques uniquement pour vendre un cours d’anglais

« However, it backfired terribly after some people criticized Bartling for intentionally “humiliating” Thai people to make a point — just to end the video with a pitch to sell an online English course. » Why ‘My Mate Nate’ is the most hated farang at the moment | Coconuts Bangkok

Sauf que… dénigrer l’anglais d’un peuple entier pour lui vendre des cours d’anglais, c’est pas justement le modèle d’affaire des multinationales de l’anglais et particulièrement d’EF avec son English Proficiency Index?

I’m just saying…

English Proficiency Index : du Crystal Meth pour Internet

Pour une sixième année consécutive la multinationale de l’enseignement des langues Education First AG publie l’English Proficiency Index, dans lequel elle propose de classer les pays du monde selon leur compétence en anglais.

Les Néerlandais ont gagné. La Belgique a battu la France. Les Iraquiens avaient d’autres chats à fouetter.

Le très populaire index va être abondamment cité toute l’année dans les débats sur Facebook comme dans les médias de référence. Il sera redécouvert à tous les jours par quelqu’un sur Twitter qui le citera pour démontrer que l’anglais rend riche, voire qu’il permet de vivre plus vieux (authentique…).

Malheureusement, peu de gens s’intéresseront à la méthodologie de l’index douteux.

Méthodologie

Le classement de l’EPI a été comptabilisé à partir des résultats de 950 000 personnes qui ont passé l’un des trois tests offerts en ligne par Education First. Les candidats ont choisi par eux-mêmes de passer le test, pour le fun ou pour s’inscrire à un cours d’anglais. L’échantillon est gros, mais il n’a été pondéré d’aucune façon pour être représentatif de la population des pays en question.

EF ne s’en cache même pas :

“Nous avons conscience du fait que la population ayant passé les tests et représentée dans cet indice découle d’une autosélection et ne présente aucune garantie quant à la représentativité de l’ensemble du pays.” English Proficiency Index 2016

On ne sait pas combien de personnes ont pris le test dans chaque marché. On ne connait pas leur âge, leur niveau de scolarité, ou leur occupation. Tout ce qu’on sait, c’est que ce sont des gens qui ont choisi volontairement de consacrer 30 minutes à un test d’anglais en ligne sur le site d’une école de langues.

Est-ce qu’il faut s’étonner que les résultats démontrent qu’il y a une corrélation entre l’anglais et l’accès à internet et l’accès au travail et à l’éducation?

Comme le remarque Isabela Villas Boas dans l’un des beaucoup trop rares textes a remettre en question la validité des résultats de l’English Proficiency Index, la prétention que l’EFSET est un test d’anglais standardisé du même calibre que le TEOFL, l’IELTS et le test Cambrige est sans fondement :

“It suggests that the EFSET is comparable to well-known exams such as the TOEFL, TOEIC, Cambridge, and IELTS exams, with the advantage of being free of charge. There is no information about whether it was validated against these exams or about its content and construct validity.” Some thoughts about the English Proficiency Index | Richmond Share

Anglais Magique

L’English Proficiency Index est un rapport sur les résultats de tests d’anglais offerts gratuitement en ligne par une école d’anglais.

Les intérêts financiers d’EF n’invalident pas à priori les résultats de l’index. Quand une compagnie a un bon produit, pourquoi ne pas partager les résultats? Mais c’est dans cette perspective qu’il faut évaluer les conclusions des auteurs du rapport sur l’index quand ils prétendent déceler une corrélation entre un anglais compétent et les salaires, la recherche et le développement, l’investissement étranger et l’accès à internet.

“Depuis l’alphabétisation, aucune autre compétence n’a détenu un tel potentiel d’amélioration de l’efficacité et de la productivité financière des populations.” English Proficiency Index 2016

Le British Council, Pearsons et les autres conglomérats de l’éducation et de l’enseignement de l’anglais font exactement la même chose. Eux aussi ont intérêt à nous convaincre qu’il n’y a pas d’avenir sans anglais.

Mais contrairement aux autres tests d’anglais standardisés comme le TOESL et l’IELTS, qui sont très dispendieux, le test d’EF, l’Education First Standard English Test (EFSET), est absolument gratuit. C’est parce que l’EFSET et English Proficiency Index sont moins des produits que des accroches. Du clickbait. Un classement, de la rivalité patriotique et des infographies toutes faites – le crack, la coke et le crystal meth d’internet – pour attirer les clients sur le site d’EF, qui est dans la business de vendre de l’anglais.

La Californie rejette l’école English-only

La Californie va éliminer une loi qui impose l’anglais comme seule et unique langue d’enseignement dans les écoles publiques de l’état.

Le soir même de l’élection d’un candidat présidentiel qui a promis de construire un mur entre l’état et le Mexique, près du trois quarts des électeurs de la Californie ont choisi de revenir sur une décision de 1998 qui obligeait les écoles publiques à donner tous leurs cours en anglais.

La Proposition 58, qui autorise le développement de programmes bilingues accessibles à tous les enfants, peu importe leur langue maternelle, a reçu l’appui de 72,4 % des électeurs de la Californie.

Les programmes bilingues conserveront l’obligation d’enseigner l’anglais de façon “rapide et efficace” à tous les enfants.

Les opposants à la Proposition 58 prétendent que l’éducation bilingue est une demande de la classe moyenne anglophone qui, dans les faits, va retarder l’intégration des minorités linguistiques, notamment des enfants hispaniques.

Quarante-trois pour cent des Californiens ne parlent pas anglais à la maison. Les Latinos représentent 38,8 % de la population de l’état.

Soixante et un pour cent des électeurs de la Californie ont voté pour Hillary Clinton.

La guerre linguistique se poursuit en Afrique du Sud

We Are Not Happy, Pretoria | Flickr Paul Saad

Les cours ont repris lundi aux universités de Free State et de Pretoria après une semaine de congé forcé provoquée par des clash violents entre des étudiants afrikaners et ceux regroupés autour du slogan #afrikaansmustfall qui demande la fin de l’enseignement en afrikaans et l’anglais comme seule et unique langue d’enseignement.

L’Université North West avait aussi été obligée de fermer ses portes.

La violence a débuté le 18 février dernier alors que la direction de l’Université de Pretoria s’apprêtait à étudier des amendements à sa politique linguistique qui laissaient croire qu’elle envisageait de passer définitivement à l’anglais :

Proposed amendements

The Language Policy Task Team’s proposed amendments to the policy are:

  • That English should be the primary language of instruction in all lectures.
  • That the University should promote multilingualism as a means of facilitating student success and building social cohesion.
  • That Afrikaans and Sepedi should be used to provide additional support to students in tutorials, practicals and discussions.
  • Transitional arrangements will be put in place should the proposed amendments listed above be accepted.

Feedback invited on the proposed amendments to the University of Pretoria’s Language Policy

L’Université offre présentement des cours en anglais et en afrikaans.

Les universités d’Afrique du Sud ont été secouées tout l’hiver par des d’affrontements linguistiques qui opposent des étudiants majoritairement noirs qui demandent l’enseignement en anglais et des étudiants afrikaners blancs qui veulent le maintient des cours dans leur langue.

Les étudiants regroupés autour du parti de gauche des Economic Freedom Fighters et du slogan #afrikaansmustfall affirment que l’enseignement en afrikaans est un prétexte utilisé par la minorité blanche d’origine néerlandaise pour décourager les étudiants noirs de s’inscrire dans leurs universités.

De leur côté, les Afrikaners soutiennent que l’enseignement en anglais est une attaque contre leur droit constitutionnel à une éducation dans leur langue maternelle.

La constitution de l’Afrique du Sud reconnaît 11 langues officielles et un droit à l’éducation dans chacune d’entre elles, mais dans les faits, les cours dans toutes les universités d’Afrique du Sud sont dans la langue de l’une des deux minorités blanches, sois l’anglais et l’afrikaans.

Il n’y a aucune université en Afrique du Sud qui offre une sélection significative de ses cours dans l’une des 9 langues officielles dîtes africaines parlées par 75% de la population.

Les anglophones ne représentent que 10% de la population de l’Afrique du Sud, mais l’anglais a largement été adoptée comme langue commune entre les différentes communautés linguistiques.

Faute d’une véritable demande pour une éducation supérieure dans les langues de la majorité noire, et compte tenu du peu d’enthousiasme des politiciens pour le financement d’un nouveau réseau d’universités dans 11 langues différentes, c’est l’anglais qui est devenu le symbole de l’intégration des Noirs aux universités d’Afrique du Sud.

Comme l’a déclaré Kabelo Mahlobogwaneun du parti EFF de Pretoria au [Daily Maverick](http://www.dailymaverick.co.za/article/2016-02-24-eff-declares-whats-at-stake-at-the-university-of-pretoria-afrikaansmustfall/] :

“We are saying it’s all 11 official languages or only English. No retreat. They can go home.”

Cela dit, pas plus tard qu’en janvier, une députée du même parti annonçait qu’elle refuserait désormais de parler anglais au Parlement sud-africain.