Make America(n English) Great Again

S’il y a une idée qui fait l’unanimité (ou quelque chose qui s’en approche) depuis l’élection de Donald Trump, c’est qu’il y a un profond malaise dans la classe moyenne et qu’une certaine Amérique déprimée rêve avec nostalgie à un retour à un certain âge d’or qu’on situe habituellement dans les années 50 et 60, quand tout était possible, ou encore dans les années 80, à l’époque où les États-Unis étaient invincibles comme Chuck Norris.

Mais le malaise pourrait être beaucoup plus ancien, selon une nouvelle étude du vocabulaire de l’anglais américain :

« A new study has found that positive language used by Americans is on the decline. A new study conducted by researches at USC Dornsife and the University of Michigan suggests that the shift has been happening over the past 200 years.  » Language Magazine » Blog Archive Positive Language Decreasing In American-English Speech – Language Magazine

Les chercheurs précisent que les mots positifs sont encore plus utilisés que les mots négatifs, mais que le déclin du vocabulaire optimiste est un phénomène qui s’observe depuis maintenant deux siècles.

Les résultats ont été compilés à partir de Google Books et du New York Times.

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David Crystal et le mythe de la taille du vocabulaire anglais

Le doyen des spécialistes de l’anglais, David Crystal, fait une mise au point à propos du mythe tenace selon lequel l’anglais a un plus grand vocabulaire que les autres langues.

En référence à un panelist de la BBC, Crystal écrit:

« He then went on to say that English vocabulary is larger than that of other languages, which may well be true, given its global reach and its status as the first language of science, but then asserted that French has only 200,000 words and German half that. Again, absurd notions, based on the naive assumption that the words contained in the largest dictionaries equal the words in the language. » DCblog: On myths and the making of the OED

En 2009, Crystal avait dit d’une nouvelle selon laquelle l’anglais avait un million de mots que c’était « the biggest load of rubbish I’ve heard in years. » DCblog: Search results for On the biggest load of rubbish

Pas besoin de tourner en anglais pour être en nomination aux Oscars, mais apparemment c’est préférable pour les festivals en Espagne…

« Au Festival international du film fantastique de Catalogne à Sitges, qui s’est tenu en octobre, les quatre films espagnols projetés ont tous été tournés en anglais : outre le film de Bayona, Inside, de Miguel Angel Vivas, adapté du film français À l’intérieur, Colossal de Nacho Vigalondo et Proyecto Lazaro de Mateo Gil. De quoi faire dire au critique du quotidien El País, Gregorio Belinchon, qu’au Festival « on n’entendait parler espagnol que dans les films mexicains ». » Le cinéma espagnol à l’heure américaine

Non, un film n’a pas besoin d’être en anglais pour obtenir une nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère…

Ce matin, le Times of India prétend que l’ex-président de l’Academy of Motion Pictures Arts and Science, Sid Ganis, aurait affirmé dans le cadre d’un atelier du Festival International du Film de l’Inde que pour obtenir une nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, un film devait « transcender les frontières » et être principalement en anglais

« For a film to qualify in the foreign language category, besides meeting other criteria, it should be predominantly in the English language (…) » ‘Indian films have to transcend borders’ – Times of India

Vérification faite, Sid Ganis a dit exactement le contraire:

« An Indian film has to be submitted to the Film Federation of India (FFI) and has to be a feature length motion picture, produced out of USA with predominantly non-English dialogues like 60 percent foreign language at least. »  Workshop on ‘Foreign Language Film Selection’ – IFFI Goa

Amazon traduit plus de livres vers l’Anglais que n’importe qui

Amazon est désormais le plus grand éditeur de romans traduits en anglais au monde. En 2014, sa filiale AmazonCrossing a publié 75 traductions.

« In 2014, AmazonCrossing surpassed all other US imprints and publishers in putting out translated fiction, and last year it published 75 translated books, 50 more than the next biggest publisher, Dalkey Archive. Galen Maynard, its associate publisher, says AmazonCrossing aims to publish between 60 and 100 titles annually over the next few years. » A chart shows how Amazon (AMZN) is making a major grab for fiction translations into English — Quartz

C’est peu de choses, mais c’est énorme quand on pense que les anglophones ne traduisent pas.

En 2008, l’année des statistiques plus ou moins complètes les plus récentes de l’Index translatorium de l’UNESCO, les Américains avaient publié moins de traductions que la Slovénie, le Danemark, l’Estonie, la Grèce, la Croatie, la Finlande, la Suède, la Serbie, la Pologne, la Hongrie, le Japon, la République tchèque, la France, l’Espagne et l’Allemagne.

En France, un livre sur six est une traduction. Dans le roman, c’est un sur trois.

Amazon n’a pas la réputation d’être le plus polyglotte des géants d’internet. La stratégie de la compagnie de Jeff Bezos est beaucoup plus Amérique-centrique que celle de Google ou Apple. Contrairement à Siri qui comprend une douzaine de langues, Alexa, l’assistante digitale d’Amazon, ne parle qu’anglais et allemand.

Cet anglocentrisme a peut-être du bon. Pendant que ses concurrents exportent la technologie et la culture anglo-saxonne dans le monde, Amazon fait entrer un peu de monde dans l’anglais.

C’était pas ça la promesse de l’anglais global?

Le mot anglais de l’année: Post-Fact

Le dictionnaire Oxford a choisi « post-fact » comme son mot anglais de l’année.

« Post-fact, selon les linguistes de l’Oxford, est un adjectif

« … relatif à, ou dénotant des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence que les émotions ou les croyances personnelles sur l’opinion publique. » Word of the Year 2016 is… | Oxford Dictionaries

Bon choix. Tout à fait à-propos.

Mais dans le fond, l’Oxford ne fait que copier le Globe Language Monitor qui avait choisi « Donald J. Trump » comme nom de l’année… dernière.

Doubler Disney est aussi nocif que de fumer devant un enfant…: Ministère de la Culture espagnol

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source: Wikipedia

Selon le directeur général de l’Institut du Cinéma et des Arts Audiovisuels du ministère de la Culture de l’Espagne, laisser un enfant écouter des dessins animés traduits en espagnol plutôt que dans la version originale est aussi nocif que de fumer devant lui…

« (…) la société et l’industrie doivent savoir que nous avons la responsabilité de laisser un pays meilleur que celui que nous avons reçu, et que même s’il faudra faire un peu plus d’effort pour regarder les films, nous devons les voir dans la langue originale, pour les enfant. De la même façon que nous ne fumons plus à côté d’un enfant, nous avons la responsabilité de faire un peu d’effort en famille et regarder les dessins animés dans la version originale, pour qu’ils apprennent plus tôt à lire et les langues étrangères. »

La semaine dernière, le Partido Popular espagnol a promis de favoriser les sous-titres plutôt que le doublage afin de faciliter l’apprentissage de l’anglais et des langues étrangères s’il était réélu.